CREATURES: queering contact? (Vol. 2)
28 Juil -3 Aout 2025
Une semaine de contact improvisation en majorité queer écrasante près d’une forêt et traversée par des pratiques de consentement, des somatiques et des théories queers, et la co-construction de refuge. L’événement est auto-géré, mais co-facilité par Emma Bigé, Defne Erdur & Marcela Santander Corvalán. Les débutanz sont les bienvenuz!
Du 30 mars au 1er mai : inscription pour les personnes racisées &ou handies &ou trans*.
INSCRIPTIONS
Replir le formulaire:
https://forms.gle/51T3oq3Tswn7PjKf8
payer les arrhes pour confirmer votre place :
https://www.helloasso.com/associations/larret-en-mouvements/evenements/creatures-queering-contact-vol-2
CREATURES*2: queeriser le contact ?
Mais au fait, c’est quoi le contact improvisation (ci) ? Le contact improvisation est une forme de danse qui invite les masses à se rencontrer et à s’entremêler, à rouler par terre et à s’entre-choquer dans les airs. Le contact est centré autour de l’étude du toucher et du partage du poids avec des partenaires humain·es ; il utilise des outils empruntés à la danse, à l’acrobatie, aux arts martiaux et aux pratiques somatiques. On s’y adonne généralement en duo ou en collectifves, mais on peut aussi y jouer en solo ou en relation avec l’environnement pas qu’humain.
Et c’est quoi le rapport avec les queers? Le contact n’est pas exactement une pratique queer. C’est sûr, le contact a porté des politiques de genres et de sexualités assez uniques: inspiré par une pièce plutôt homoérotique de Steve Paxton, Magnesium, où des mecs plus ou moins gymnastes se jetaient les uns sur les autres, le contact en est venu à être une des premières formes de danse où les rôles binaires des hommes-forts-qui-portent et des meufs-légères-qui-sont-portées étaient suspendus à la faveur de manières plus genderfukkk de partager le poids entre partenaires-créatures. Cela dit, on va pas prétendre que le contact est pas devenu une pratique qui centre principalement des expériences blanches et cishétéravalides, et pour être franches : c’est bien ce qui nous emmerde. Du coup, on se demande : qu’est-ce qui arriverait au contact dans un contexte en majorité queer écrasante? Quels liens aux cultures et aux pratiques queers et non hégémoniques pourraient se produire ? Au cours de la première édition de CREATURES, en 2024, on s’est retrouvé·es à être en majorité trans*, avec pas mal de fées radicales dans le mix ; des outils ont été amenés depuis les pratiques bdsm, d’autres ont développé des sortes de trans*écosomatiques, et beaucoup de beauté et de joie et d’étude et de questions autour des somactivismes, de la blanchité, des interactions humanimales, du sexe & de la sexualité… ont émergé. Par définition, on n’a aucune idée de ce qui se produira cette fois. Et on est super impatientes de découvrir.
Qui, nous? L’événement est co-facilité par un trio de danseuses, Emma Bigé, Defne Erdur et Marcela Santander Corvalán quiamenons des somatiques et des théories queers, des savoirs thérapeutiques (en particulier liés à la guérison des traumas) et des bouts de danses contemporaines. A nous trois, on est traversées par des expériences cis, trans, fèm, butch, latinx, brunes, blanches, queers, gouines, bi, hétéras, françaises, chiliennes, turques, crip, neurotypiques, neurodiverses et folles. On est toutes les trois des addicts du contact, mais aussi des amoureuses de la solitude et des danses en solo, et on place au centre de nos pratiques : le consentement, les espaces sexe-positifs et la “co-construction de refuges pour créatures rares” (selon un mot de notre chaer amix A* Livingstone).
Qu’est-ce qui va se passer? Les facilitatrices proposent des moments communs et quelques cours pour lancer la machine, mais à part ça, CREATURES est un événement auto-organisé et fondé sur l’entre-enseignement. Les participanz sont invité·es à proposer des pratiques et des espaces. Notre facilitation consiste à accompagner l’auto-organisation quotidienne de la vie collective, et quelques cours introductifs (consentement en contexte de danse, contact pour débutanz, théorie queer…).
Et ça se passe où? Larret est un lieu collectif en Dordogne, au sud-ouest de la France métropolitaine. Il y a deux studios intérieur, une terrasse à danser extérieure, et un jardin. Et on y est entouré·es d’une forêt où une rivière très magnifique permet de se baigner. L’espace n’est pas accessible aux personnes en fauteuil. (Plus d’info dans la section géohistoire, en anglais, ci-dessous.)
Combien ça coûte? Le prix (315-400€) revient au coût de location des studios, la bouffe, le logement, un petit salaire pour les facilitatrices (qui sera reversé à des asso transféministes en France et en Turquie cette année). Il est possible de demander une réduction ou la gratuité, sans besoin de justification – on fera une moyenne des besoins de prix réduits et on octroiera ce qui est possible une fois que les coûts matériels seront couverts. (Plus d’info dans la section budget, en anglais, ci-dessous.)

Créer un espace qui donne de la puissance
Au cours de nos danses et de notre vie commune cette semaine, nous nous attendons à vivre des moments joyeux. Mais nous ne voulons pas oublier que notre pratique peut parfois être difficile et risquée.
Nous nous engageons à entraîner nos capacités à nous écouter les unes les autres et nous écouter nous-mêmes. Nous avons toujours le droit de dire non à ce qui nous met mal à l'aise, nous dérange ou nous blesse physiquement, émotionnellement ou sexuellement. Nous apprenons à écouter et à respecter les oui et les non de nos partenaires et nous nous efforçons de ne pas agir comme des connasses. En particulier, nous nous invitons à interroger (et à fermer notre gueule quand on les voit poindre le bout de leur nez) nos transphobies, nos panphobies, nos biphobies, nos racismes, nos validismes, nos agismes, nos fèmphobies internalisées…
Un guide de survie aux conflits qui pourraient émerger nous est fourni par la poète anarcha-féministe Beth Strano, un poème qui est aussi connu sous le nom de «Invitation To A Brave Space»:
L’idée que nous pourrions être en sécurité est une illusion
Nous sommes dans le monde réel
Chacun·e d’entre nous porte des cicatrices
et chacun·e d’entre nous a infligé des souffrances
Dans cet espace
Nous essayons de réduire le bruit du monde extérieur
Nous amplifions les voix qui essayent d’être entendues ailleurs
[…] Nous ne serons pas parfaites
Cet espace ne sera pas parfait
Il ne sera pas toujours ce que nous aimerions qu’il soit
Mais
Ce sera notre espace, ensemble
Et
Nous y travaillerons côte à côte
Inscriptions: majorité queer écrasante
S'il est vrai que le Contact Improvisation a une histoire queer, il y a aussi une histoire d'effacement et d'oppression dans les espaces de CI, du sexisme à la queerphobie et à la transphobie, en passant par le racisme, le validisme et le classisme. Cet événement ne sera pas basé sur le principe de la mixité choisie (par exemple : personne ne vérifiera avec qui vous couchez), mais dans le processus d'inscription, nous voulons donner la priorité aux personnes confrontées à différentes formes d'oppression qui sont souvent intriquées avec les vies queers.
C'est pourquoi, sans exclure personne, les personnes racisées, les personnes handies et les personnes trans* et non binaires sont prioritaires dans le processus d'inscription. Nous comprenons que ces mots ne conviennent pas parfaitement pour nous décrire, qu’ils s’entrechoquent et s’interpolent avec une myriade d'autres noms que l'on peut se donner. Mais tant que le capitalisme racial ne sera pas aboli… nous préférons les utiliser pour donner priorité à celleux qui galèrent le plus.
Du 30 mars au 1er mai : inscription pour les personnes racisées &ou handies &ou trans*.
Informations pratiques
Nous pouvons accueillir environ 40 participanz. L'hébergement sera disponible dans des chambres/dortoirs partagés ainsi que dans l'espace de camping (ou dans votre propre camion).
Nous préparerons les repas (végétariens) en groupe et nous nous occuperons collectivement de la vie et des espaces (nettoyage etc.).
Arrivée le lundi (navette à la gare en fin d'après-midi)
Départ le dimanche (navette matinale vers la gare)
Budget
Le prix général est de 54€ par jour = 322€ pour la semaine, incluant la nourriture, le logement et l'accès aux studios et à toutes les activités.
DOBST‧NOTAFLOF (Nous faisons de notre mieux pour que personne ne soit refusé faute de moyens) : Vous pouvez demander la gratuité ou un prix réduit (sans justification) lors de l'inscription. Si le coût de fonctionnement de l'événement est payé, Larret attribuera des places gratuites ou à prix réduit. Si vous avez besoin d'une aide financière pour vous rendre à Larret, n'hésitez pas à nous le faire savoir.
LOMTSOFLOF (Laisser notre argent à quelqu'un qui manque de fonds) : Vous pouvez donner plus d'argent afin d'aider d'autres personnes à bénéficier de tarifs réduits.
Le budget comprend :
2970€ location des studios et du terrain (* le terrain qui nous accueille a été acheté en 2020 et est encore en construction, et les prêts sont encore en cours de remboursement aux banques ; une partie du prix journalier y est consacrée, ainsi qu'aux frais de fonctionnement pour l'électricité, l'eau, le gaz...)
2190€ pour la nourriture et le salaire du cuisinier
900€ pour la logistique et les salaires de l'équipe logistique de Larret
2000€ transport et invitations de l'animateur
= 8060€
Cela représente 322€/personne pour les six jours (si 25 personnes s'inscrivent). Ramené à un ratio par personne et par jour, cela signifie : environ 54€/par jour en moyenne.
Tout argent supplémentaire servira à réduire les prix ou à aider au transport des personnes qui en ont besoin. Si vous avez besoin d'aide pour évaluer votre relation au privilège économique par rapport aux autres, voici une aide visuelle.

Géohistoire
23 Impasse du Chalard, Larret - Saint Saud Lacoussière 24470
contact : studio.larret@gmail.com
Depuis juin 2020, Larret est un lieu de vie collective, de création et d'accueil où se développent des projets autour de la danse, de la permaculture, de la cuisine, de la construction, de la pensée, dans leur dimension écologique. Un lieu éco-somatique pour ceux qui y vivent et ceux qui y viennent, danseureuses, chercheureusess, philosophes, artisans, curieuxses...
Accessibilité et vie sur le territoire
Les studios et l'espace collectif sont à 25 minutes en voiture de la gare la plus proche (une navette sera mise en place). Les studios, les salles à manger collectives, les douches et les toilettes sèches ne sont pas accessibles aux fauteuils roulants, et les chemins de circulation sont un mélange de terre et de cailloux. Des escaliers permettent d'accéder aux chambres de trois personnes et au dortoir de dix personnes, mais pas aux studios. Depuis les studios, la rivière se trouve à 15 minutes de marche à travers la forêt, avec des chemins parfois escarpés.
Larret-en-Mouvement est un espace géré collectivement sur un terrain appartenant à deux hommes blancs cis et hétérosexuels qui s'identifient comme tels. Le terrain est géré par un collectif (majoritairement blanc, majoritairement queer) et comprend des activités de danse, de jardinage, de construction, de cuisine et de formation à la prise de décision en groupe.
Autour des studios se trouve une forêt, dont une petite partie est privée (pas par nous), et la plus grande partie est gérée par le Parc naturel régional du Périgord Vert. En aval, la Dronne coule au milieu des roches volcaniques et des arbres régionaux. Son cours d'eau et ses berges sont des espaces publics, bien qu'une grande partie soit rarement visitée par les habitants et les touristes. La nudité est connue pour être pratiquée le long de la rivière, veuillez vérifier auprès de vos voisins si cela ne les dérange pas (car l'accord est magnifique) !
Facilitatrices

Emma Bigé (elle)
Emma Bigé étudie, écrit et traduit à l’intersection de la danse, des transféminismes et des études environnementales. // Elle est l’autrice de Mouvementements. Écopolitiques de la danse (La Découverte, 2023) et de Écotransféminismes (avec Clovis Maillet, LLL, 2025). Ces dernières années, elle a traduit et transmis les œuvres de théoricien·nes et écrivain·es queer comme Sara Ahmed, Jack Halberstam, Alexis Pauline Gumbs, Eva Hayward... // Elle a également conçu deux expositions-danse pour des musées (Gestures of Contact Improvisation et Steve Paxton: Drafting Interior Techniques) et cofondé L’Œil et la main, un collectif visant à promouvoir les pratiques chorégraphiques, somatiques et académiques autour du Contact Improvisation. // Passionnée par les archives queer, elle a récemment contribué au lancement de wrongcontact.zone, un site dédié aux tendances activistes au sein des histoires du CI. /*/ Elle adore rouler par terre.
Defne Erdur (elle)
Defne Erdur est formée en danse contemporaine (PhD), sociologie (BA, MA), thérapie intermodale par les arts expressifs et la créativité, méditation (World Peace Initiative) et guérison des traumatismes (Somatic Experiencing, Integral Somatic Psychology, Full Embodiment, TRE, Deep Tissue Release et Trigger Point Massage Therapy). // Elle pratique et mène des recherches actives pour approfondir la compréhension du corps comme un tout bio-psycho-social. Engagée dans la création d’environnements sûrs, inclusifs et collaboratifs, elle propose des ateliers (Hunting Gathering Cultivating, Every Body Knows, Consent Improvisation) et mène des résidences (MA-Pregnant Nothingness, Moving Library, Into the Light) à travers le monde. Ces dernières années, elle a donné la priorité à la création et à la coordination de groupes d’action humanitaire pour la prévention et la guérison des traumatismes (SE Turkey Covid-19 Support for Health Practitioners, SE Ukraine Task Force, World Human Relief-SE Turkey Earthquake Solidarity). // Aujourd’hui, elle se remet d’un burn-out, se reconnecte à ses propres ressources et construit son foyer. Elle danse pour partager des pratiques de mouvement informées par les traumas ainsi que des pratiques de repos. Elle croit en la joie.
Marcela Santander Corvalán (elle)
Née au Chili, Marcela Santander Corvalán s’est formée à Milan, puis au CNDC d’Angers. Elle est également diplômée en histoire et en danse de l’Université Paris 8. Depuis 2011, elle collabore avec les chorégraphes Dominique Brun, Faustin Linyekula, Julie Nioche, Ana Rita Teodoro et Volmir Cordeiro. Sa collaboration avec le chorégraphe Mickaël Phelippeau inclut la direction artistique de À DOMICILE, à Guissény, en Bretagne. Depuis 2014, elle signe Époque avec Volmir Cordeiro (2015), son premier solo Disparue (2016), MASH avec Annamaria Ajmone (2017) et Quietos (2019). En 2020, elle co-écrit la conférence performée CONCHA – Histoires d’écoute sur le thème de l’écoute, avec Hortense Belhôte. Marcela Santander Corvalán a été artiste associée au Quartz à Brest de 2014 à 2017 et est actuellement en résidence à La Manufacture, CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux La Rochelle.